Avant de commencer mon histoire, je vais me présenter. Je m'appelle Wendy et j'ai 54 ans. Je suis mariée et j'ai deux filles âgées de 25 et 29 ans.
Il y a quelques années, j'ai assisté à une conférence sur les calculs rénaux et j'y ai croisé une ancienne collègue (Carine). Nous avons pris un verre et discuté. Carine m'a alors raconté qu'elle avait été gravement malade, victime d'un choc septique. J'ai sympathisé avec elle et j'étais heureux qu'elle s'en sorte (à l'époque, je n'en savais pas plus).
En janvier 2023, je ne me sentais pas bien la nuit et je me sentais encore plus malade le matin. Le test Corona s'est révélé négatif. Comme c'était dimanche, j'ai attendu le lundi matin pour prendre rendez-vous chez le médecin de famille. Mon mari m'a accompagnée chez le médecin de famille. Jusqu'à présent, je me souviens de moi-même, mais ce qui suit n'est qu'un "ouï-dire".
Le médecin m'a prescrit des antibiotiques et m'a conseillé de prendre des analgésiques. Je me suis glissée dans mon lit à 9h30 et à peine une demi-heure plus tard, j'étais de nouveau hors du lit tant je me sentais mal et tant je souffrais. Mon mari m'a alors emmenée aux urgences. C'était le lundi matin 9 janvier 2023.
J'ai été admis immédiatement. J'avais une petite plaie au pouce et cette inflammation s'est étendue à mon bras. On m'a donné deux types d'antibiotiques, de l'oxygène avec des lunettes nasales et la plaie a été traitée superficiellement. Je veux dire par là qu'on a désinfecté la plaie et qu'on l'a entourée d'un andain. Le mercredi 11 janvier au matin, on m'a trouvé la tête dans la terre (c'est ce qui est écrit dans mon dossier médical). En conséquence, j'ai été transféré aux soins intensifs. Une ponction lombaire est effectuée, un IRM et un EEG sont réalisés avec comme causes possibles selon le médecin : méningite-sepsis symptômes de sevrage (je n'ai pas d'addiction). Le médecin conclut : crise d'épilepsie malgré mes valeurs de CRP très élevées (570), tension artérielle basse, rythme cardiaque élevé et l'infection se propageant à la vitesse de l'éclair sur mon bras. Après consultation, je suis transféré le lendemain en soins intensifs à Louvain.
À Louvain, j'ai été admis en traumatologie (brûlures) pour le traitement des plaies, on m'a posé une ligne de perfusion pour mon cœur et on m'a administré un troisième antibiotique. La plaie était devenue une brûlure au deuxième degré et tous les tissus endommagés ont dû être enlevés et soignés.
Depuis le mardi 17/01 après-midi, je me souviens à nouveau de certaines choses.
Le mercredi 18/01, je suis admise dans une chambre normale, mais individuelle, car j'ai contracté les bactéries de l'hôpital. Là, on me répète : madame, vous avez eu beaucoup de chance, vous auriez pu mourir. Le choc septique n'a pas été mentionné.
Le lundi 23/01, j'ai été autorisé à rentrer chez moi. Mes papiers de sortie ne mentionnent pas non plus de choc septique.
J'étais loin de me douter qu'à l'époque, la bataille n'avait pas encore commencé. Je pensais que tout le monde disait "tout semble bon, les tests neurologiques sont bons". Je pensais récupérer un peu, puis retourner au travail. Je me sentais perdue dans un corps qui ne fonctionnait pas et avec des douleurs constantes. L'aspect psychologique aussi : les jours que je ne connais pas et la peur que je lis dans les yeux de ma famille et de mes amis, c'est dur. J'ai repensé à l'histoire de Carine et je l'ai contactée. Elle m'a expliqué ce qu'était la septicémie et qu'elle avait de graves répercussions sur l'ensemble du corps.
Après cela, j'ai demandé mon dossier médical qui indiquait noir sur blanc pour la première fois : choc septique. J'ai laissé tomber la recherche de ces 10 jours dont je ne sais rien. J'en plaisante maintenant : ma mémoire à court terme était si courte qu'elle avait disparu dès que la phrase avait été prononcée. J'ai cherché des solutions pour gérer ma douleur, ce qui a été un véritable parcours du combattant.
Au début, il s'agit simplement d'essayer de rester droit et de passer la journée. Il n'est pas encore question de traitements, car l'effort et les stimuli sont si forts que ce n'est pas possible. En octobre, j'étais au plus bas et j'ai admis que je n'y arriverais pas toute seule. Sur ce, j'ai essayé des médicaments pour réduire les stimuli à un niveau vivable, ainsi que d'autres traitements possibles : kiné, carafes d'eau, oreillers électriques, massages, sauna et thérapie de relaxation.
La douleur est devenue plus supportable et j'ai pu me rendre à mon deuxième cours : la clinique de la douleur. Pour moi, cela a un très bon effet sur les maux de tête, les douleurs cervicales et les lombalgies. Auparavant, je n'y arrivais pas parce que c'était trop épuisant.
Et maintenant, depuis plusieurs mois, j'ai l'impression de "m'en sortir". Ce ne sera pas comme avant, mais je peux participer à des activités que moi et ma famille trouvons importantes d'une manière différente. Je vois maintenant les choses de la manière suivante : est-ce que cela me coûte plus d'énergie que cela ne m'en donne ? Alors je ne le ferai pas. Certaines activités me renforcent mentalement et valent bien une journée de récupération.
J'ai de nouveau envie de faire des choses, je peux de nouveau penser à l'avenir. Ici, les gens de Sepsibel et le groupe néerlandais "Sepsis and beyond" m'ont très bien soutenu, et je ne peux que leur en être reconnaissant. Je ne me suis plus sentie seule au monde.
J'aimerais participer davantage à l'asbl Sepsibel et m'y engager, mais ma priorité est de devenir plus forte et de reprendre le travail.
Salutations chaleureuses
Wendy