Une histoire inspirante de désespoir, de courage et de maladie dévorante.
Ilse Malfait présente aujourd'hui son livre "Chaque heure compte". C'est l'histoire époustouflante du désespoir, de la résilience et d'une maladie dévorante. Le sepsis, plus connue sous le nom d'empoisonnement du sang, est une maladie très répandue, mais méconnue, qui emporte chaque année 7 675 personnes en Belgique. Ilse Malfait a survécu à la maladie, mais a vécu un véritable cauchemar. Elle a passé 487 jours à l'hôpital, où ses deux jambes inférieures et ses doigts ont été amputés. Mais Ilse ne s'est pas arrêtée en si bon chemin et s'est réfugiée dans son stylo. Avec ce livre, elle souhaite attirer l'attention sur cet assassin à plusieurs têtes et demande à Sepsibel, l'organisation qu'elle a cofondée, de mettre en place un plan national de lutte contre le sepsis.

L'histoire de Chaque heure compte et d'Ilse Malfait commence par un cancer du sein, une autre terrible maladie qui frappe Ilse en mai 2020. Après un premier traitement de chimiothérapie, les douleurs infernales s'enchaînent et Ilse se retrouve aux soins intensifs. Et c'est là que l'enfer commence vraiment. Pendant des semaines, son pronostic vital est engagé et elle est maintenue dans le coma pendant une longue période. Le bas de ses jambes et ses doigts deviennent noirs à mesure qu'ils meurent et sont amputés. Elle passe 487 jours à l'hôpital et subit 22 opérations.
"J'ai fini par m'en sortir, grâce aux excellents soins de l'équipe médicale de l'UZ de Gand. Mais je n'aurais jamais dû en arriver là. Dans le premier hôpital où je me suis retrouvée, l'action a été trop lente. Les symptômes ont été reconnus et traités trop tard, ce qui a eu des conséquences dramatiques", explique Ilse Malfait.
Appel urgent en faveur d'un plan national de lutte contre le sepsis
"En Belgique, le sepsis est entouré d'un silence assourdissant. Il n'y a pas de sensibilisation, pas de données, et surtout pas de directives dans de nombreux hôpitaux pour détecter rapidement les patients en état critique. Je veux changer cela avec mon livre. Le gouvernement doit agir maintenant et mettre en œuvre un plan national de lutte contre le sepsis", poursuit Ilse.
Chaque jour, au moins un Belge meurt inutilement d'un sepsis. Selon M. Sciensano, la prévention et le dépistage précoce permettent d'éviter une grande partie des infections sanguines, qui sont à l'origine de la plupart des cas de sepsis.
L'Organisation mondiale de la santé, par le biais d'une résolution en 2017, a exhorté les gouvernements à élaborer un tel plan national autour du sepsis. Plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, la France, l'Irlande, l'Italie, les Pays-Bas, l'Autriche, l'Espagne, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni ont répondu à l'appel.
"Une approche efficace du sepsis nécessite l'introduction d'un plan national avec des lignes de force concernant la prévention, l'enregistrement des données, des lignes directrices pour un diagnostic et un traitement précoces, la sensibilisation du personnel de santé et du grand public, la formation continue du personnel de santé, le suivi et le soutien aux patients, la recherche et l'évaluation", déclare le professeur Erika Vlieghe, infectiologue à l'UZA et à l'UA, qui a appelé à une meilleure prise en charge du sepsis par les autorités nationales.
Un plan national de lutte contre le sepsis.
"Il est urgent de sortir le sepsis de l'ombre", déclare le professeur Jan De Waele, président de la Société Européenne de Médecine Intensive (2024-26) et intensiviste au sein de l'équipe IZ de l'UZ de Gand qui a sauvé la vie d'Ilse. "La prévention, la reconnaissance précoce et le traitement rapide de la septicémie sont essentiels pour sauver des vies et prévenir des dommages permanents allant des problèmes de concentration aux lésions cérébrales, en passant par l'amputation d'un membre."